Gabon: une plantation d’hévéa dérange malgré les promesses de travail

le 22/05/2015

Sur une piste rouge sillonnant la dense forêt équatoriale, apparaissent soudain d’imposants engins agricoles, des tracteurs et des camions transportant des centaines d’ouvriers. C’est la fin de la journée de travail sur la plantation d’hévéas de Batouri, dans le nord du Gabon. Hommes et machines regagnent la ville de Bitam et les villages avoisinants. La plantation doit à terme compter 28.000 hectares d’hévéas.

Ce projet colossal dont le maître d’oeuvre est le géant singapourien Olam génère la controverse: ses défenseurs y voient une promesse de diversification d’une économie de rente pétrolière à bout de souffle; ses détracteurs critiquent son impact environnemental, social et culturel.

Face à la promesse de 400 millions de dollars d’investissements, d’une usine de transformation du caoutchouc et de 5.000 emplois à terme, le pouvoir gabonais a ouvert ses portes. “Ce projet permet de développer le Gabon” et son milieu rural, assure Gagan Gupta, le patron d’Olam Gabon, qui a aussi lancé des plantations de palmiers à huile dans le pays. “C’est 3.000 personnes qui travaillent (…) et 5.000 en comptant les emplois indirects. Et elles ne travaillent pas pour seulement quatre à cinq années, mais pour au moins 45 à 50 années. C’est un projet de développement durable”, assure-t-il.

Une analyse que tout le monde ne partage pas. “Allez voir en Malaisie, en Indonésie!”, où le groupe a d’immenses plantations, s’insurge Franck Ndjimbi, auteur d’un rapport pour les ONG World rainforest movement et FERN. “Les retombées sociales et économiques sont surestimées”, dit-il. “C’est un projet qui a été mal pensé parce qu’il a été imposé”, selon lui. Il estime qu'”avec ces plantations, les populations risquent d’être transformées en ouvriers agricoles”: elles sont implantées dans une région où vivent des milliers de petits exploitants.

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Source : farmlandgrab.org