Appel à contributions : Violence et production de l’espace dans et au-delà de l’urbain

du 23/08/2021 au 15/10/2021

La privatisation et la marchandisation des biens fonciers et immobiliers sont toujours allées de pair avec le développement de l’économie capitaliste, la construction des États-nations, la colonisation et la constitution de sociétés coloniales (Elden, 2013 ; Linklater, 2013 ; Rogers, 2017). Depuis 50 ans, parallèlement à la néolibéralisation croissante de l’économie mondiale, le développement des marchés fonciers et immobiliers – dans et au-delà des espaces considérés comme « urbains » – est devenu une force économique, politique, sociale et spatiale majeure qui accompagne et façonne l’expansion mondiale du capitalisme tardif et l’évolution des modes de production de l’espace (Brenner, Peck et Theodore, 2010 ; Brenner et Theodore, 2002 ; Harvey, 1981 ; 1985 ; 2003 ; Peck et Theodore, 2019 ; Shatkin, 2017). La financiarisation de l’immobilier et du logement (Aalbers, 2016 ; Aalbers, Rolnik et Krijnen, 2020), l’intégration des économies « périphériques » aux marchés immobiliers mondiaux (Fauveaud, 2020 ; Gillespie, 2020), l’accaparement global des terres (Borras et al., 2011 ; Li, 2014 ; Sassen, 2013), la mondialisation des modes de formation de la rente foncière (Slater, 2015), la gentrification à l’échelle mondiale (Lees, Shin, Morales, 2015) ou encore la marchandisation croissante de la nature (Andreucci et al., 2017) sont autant de processus qui montrent que les biens fonciers et immobiliers sont de plus en plus appropriés et transformés pour leur valeur d’échange plutôt que pour leur valeur d’usage (Rolnik, 2019). Différents courants de pensée ont conceptualisé et analysé ces évolutions, souvent à partir d’approches plus relationnelles et processuelles qui permettent de dépasser les catégorisations spatiales communément admises, comme celles qui distinguent la « ville » de son extériorité (par exemple, les espaces périurbains, les villages, les zones rurales). C’est bien ce que les approches s’inscrivant dans le « tournant urbain du Sud global », « l’urbanisation planétaire » (Brenner, Schmid, 2014) ou « l’écologie politique » (Tzaninis et al., 2021) ont fondamentalement en commun.

Ce dossier thématique de JSSJ souhaite explorer les formes de violence qui sont liées ou qui sont issues de cette évolution globale des modes de production de l’espace et qui se produisent dans et au-delà des catégories spatiales couramment admises (Pavoni et Tulumello, 2020).

Les auteur·e·s doivent envoyer leurs articles complets aux rédacteurices du dossier thématique avant le 15 octobre 2021. Justice Spatiale | Spatial Justice est une revue bilingue à comité de lecture. Les articles peuvent être soumis en français ou en anglais. Les articles peuvent être basés sur une étude de cas ou offrir une perspective plus théorique. La revue utilise une évaluation en double aveugle et tous les articles seront évalués par deux évaluateurs anonymes. Les articles doivent compter au maximum 7 000 mots, bibliographie comprise. Veuillez respecter le modèle d’article de JSSJ disponible en ligne sur le site de la revue : http://www.jssj.org/recommandations-aux-auteurs/.