Notes de politique

Pastoralisme et marchés carbone : une nouvelle note de position pour l’Année internationale des parcours et des pasteurs 2026

Réseau Billital Maroobé (RBM) | 2026 | ,
Pastoralisme et marchés carbone : une nouvelle note de position pour l’Année internationale des parcours et des pasteurs 2026

Dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des pasteurs 2026 (IYRP 2026), Le Groupe de travail de l’Alliance mondiale IYRP sur le pastoralisme et les marchés carbone a publié une nouvelle note de position intitulée « Outgrowing Offsetting: Pastoralists and Carbon Markets » en francais « Dépasser la compensation : Les pasteurs et les marchés carbone ». Ce document analyse les enjeux croissants liés aux marchés carbone dans les territoires pastoraux et propose une réflexion critique sur la place du pastoralisme dans les politiques climatiques.

Alors que les marchés volontaires du carbone s’étendent rapidement à travers le monde, les parcours pastoraux deviennent de plus en plus ciblés comme espaces potentiels de séquestration du carbone. Cette dynamique influence déjà les politiques publiques, les stratégies climatiques nationales et les investissements dans les territoires ruraux.

La note souligne cependant un problème central : de nombreux mécanismes de marché reposent sur la logique de compensation carbone (offsetting), qui consiste à compenser les émissions issues des combustibles fossiles par des projets de séquestration ou de réduction des émissions ailleurs. Selon les auteurs, cette logique crée une fausse équivalence entre le carbone fossile, libéré après des millions d’années de stockage géologique, et le carbone biogénique qui circule naturellement dans les systèmes vivants.

Dans ce contexte, le pastoralisme risque d’être réduit à un simple outil de compensation climatique. Les systèmes pastoraux pourraient être intégrés dans des projets carbone conçus de l’extérieur, qui imposent de nouvelles règles de gestion des terres et limitent souvent la mobilité, la gouvernance collective et la flexibilité qui sont pourtant au cœur de la durabilité des systèmes pastoraux.