Cameroun – Circulaire foncière : la réforme qui défie l’ordre juridique établi

le 18/03/2026

La réforme foncière introduite au Cameroun par une circulaire ministérielle de février 2026 marque un tournant majeur, mais controversé, dans la gouvernance des terres. En créant de nouveaux documents reconnaissant les droits coutumiers et en habilitant les chefs traditionnels à les délivrer, l’État cherche à mieux intégrer les pratiques locales longtemps marginalisées par le droit foncier centralisé hérité de 1974.

Cependant, cette initiative soulève de fortes inquiétudes juridiques et institutionnelles. Adoptée par simple circulaire, elle introduit une dualité entre légalité formelle (titre foncier) et légitimité coutumière, sans clarification de leur articulation.

À court terme, elle pourrait multiplier les attestations et les conflits d’usage ; à long terme, elle risque d’instaurer une insécurité foncière durable et de fragiliser les investissements.

Cet article met ainsi en lumière un défi central pour les politiques foncières en Afrique : concilier pluralisme juridique, décentralisation et sécurité des droits dans un contexte de pressions sociales et économiques croissantes.