Inquiétudes et alertes du Collectif Tany sur les orientations agricoles actuelles

le 17/04/2026

A l’occasion de la Journée Mondiale des Luttes Paysannes, le Collectif TANY prend son rôle de porte-voix des paysans et communautés rurales malagasy afin de mieux faire connaître leurs difficultés, luttes quotidiennes et revendications, dans l’espoir que les dirigeants et décideurs de la Refondation en prennent connaissance et commencent enfin à s’occuper de cette majorité habituellement silencieuse.

Leur communiqué revient sur différents conflits fonciers en cours. Il indique espérer « que les hauts responsables de l’Etat résoudront rapidement et de la manière la plus juste vis-à-vis des droits des 4.000 paysans, les problèmes fonciers graves provoqués par les décisions très discutables du Comité d’Attribution des Terres du projet Bas-Mangoky financé par la Banque Africaine de Développement, qui concernent 5.000 ha environ.

Les risques d’accaparement des terres des paysans tels que la Zone Franche Internationale Touristique en collaboration avec les Emirats Arabes Unis (EAU) et ceux engendrés par les nombreux contrats signés par les nouveaux dirigeants à Abu Dhabi en janvier 2026 n’ont toujours pas fait l’objet de partage d’informations et de transparence par les chargés de communication de la République de la Refondation. Des communautés locales attendent avec inquiétude les annonces sur la localisation, le contenu exact et le démarrage de l’énorme projet convenu entre l’équipe de la Refondation et le groupe Eternal Tsingshan Holdings qui aurait été présenté à la Primature à Ambohitsorohitra le 6 février 2026. Ces nouveaux projets cumuleront les terres attribuées par location ou autres modalités gagnant-perdant à des investisseurs étrangers, alors que des entreprises telles que JTF Madagascar alias Tozzi Green continuent à convoiter de nouveaux milliers d’hectares dans diverses régions de l’île, selon les échos qui nous parviennent. Pendant ce temps, les paysans malagasy manquent de terres et les fausses solutions proposées aux jeunes Malagasy telles que les “titres verts” n’ont pas démontré leur succès.

Quant au changement climatique que les fervents partisans du marché carbone disent vouloir atténuer grâce à la plantation d’arbres, la publication d’un chercheur a identifié 894.000 ha de superficie de terres malagasy occupées par les projets de compensation carbone en juillet 2025. Mais de nouveaux projets s’installent. Ces projets “n’atténuent pas le changement climatique” puisqu’ils servent de prétexte aux grandes entreprises pour continuer à polluer et ils n’apportent pas de “développement socio-économique” puisqu’ils accaparent des terres des paysans. Par ailleurs, la répartition des crédits-carbone entre l’entreprise pour 85%, l’Etat pour 8% et les communautés pour 7%, réglementée par le décret 2025-626, ne développe que le profit des entreprises concernées ».

Le communiqué complet est disponible en téléchargement.