Etude opérationnelle

Enquête sur les intentions futures des personnes déplacées internes au Niger

OIM | 2026
Enquête sur les intentions futures des personnes déplacées internes au Niger

La gestion des personnes déplacées internes constitue une préoccupation majeure du gouvernement nigérien. À cet effet, plusieurs conventions ont été ratifiées notamment la domestication de la convention africaine sur le déplacement forcé à travers la loi 2018-74 portant protection et assistance aux personnes déplacées internes (PDI) au Niger. Cette loi, en son article 12, rend obligatoire l’enregistrement et l’évaluation des besoins des PDI et promeut également la mise en oeuvre de solutions durables.

Après plusieurs années de déplacements prolongés, il apparaît nécessaire de réorienter les interventions vers les trois options de solutions durables au déplacement, à savoir : le retour volontaire dans la localité d’origine, l’intégration locale sur le lieu de déplacement et la réinstallation dans une autre localité. Dans cette perspective, le ministère de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale, avec l’appui technique et financier de l’OIM, a mené une enquête sur les intentions futures des PDI dans les régions de Diffa et de Tahoua.

Cette enquête vise à identifier les préférences des populations déplacées quant aux options de solutions durables, ainsi qu’à analyser les facteurs motivant leur choix et les implications potentielles qui en découlent. Les données collectées permettent de mieux orienter les stratégies de planification et de programmation en faveur de solutions adaptées au contexte et aux aspirations des communautés concernées.

Les principaux résultats indiquent une forte tendance en faveur de l’intégration locale, qui représente 89 pour cent de l’échantillon total, contre 11 pour cent exprimant l’intention de retourner dans leur localité d’origine. L’analyse chronologique des déplacements montre que parmi les personnes enquêtées, 29 pour cent se sont déplacées depuis plus de six ans, soit avant 2018, principalement à la suite des attaques de groupes armés non-étatiques (GANE) dans la région de Diffa autour du lac Tchad, 8 pour cent en 2018, 6 pour cent en 2019, 8 pour cent en 2020, 7 pour cent en 2021, 6 pour cent en 2022, 11 pour cent en 2023, puis 13 pour cent en 2024 et 12 pour cent en 2025.

Le choix majoritaire de l’intégration locale s’explique principalement par la persistance du sentiment d’insécurité dans les localités d’origine et par le manque d’opportunités socio-économiques dans ces zones. Cependant, le choix de l’intégration locale pose également plusieurs défis, notamment en matière d’accès aux moyens de subsistance, aux opportunités économiques et à la cohésion sociale avec les communautés hôtes.