Notes de politique

Que faire pour que foncier et investissement fassent « bon ménage » ?

Kader Fanta Ngom | COPRAF | 2026 |
Que faire pour que foncier et investissement fassent « bon ménage » ?

La COPRAF a l’ambition de contribuer à l’amélioration continue de la gouvernance foncière au Sénégal, en partageant ses expériences diversifiées et en impulsant le débat foncier (DISSO) sur les tendances, enjeux et défis actuels. Dans cette optique, un Panel a été organisé le 12 décembre 2025 à Dakar sur la thématique ‘’foncier et investissement’’.

Les contraintes liées à l’accès au foncier sont citées parmi les préoccupations susceptibles de nuire à l’environnement des affaires au Sénégal1. Le foncier est un intrant prioritaire dans l’essentiel des activités de développement économique initiées par le secteur privé et même parfois par l’Etat. Parallèlement, il constitue la principale source de survie pour la population locale. Pour le paysan, la terre est une référence identitaire et un bien à préserver soigneusement.

Cette situation génère et amplifie les conflits entre communautés locales et investisseur. Ces conflits s’accompagnent souvent de tensions croissantes, d’échauffourées entrainant parfois des interventions violentes des forces de l’ordre. Consciente qu’un investissement exige un climat apaisé est que la paix est même le pilier fondamental d’un environnement des affaires attractif, la COPRAF a initié ce dialogue sur cette grande problématique ‘’foncier et investissement’’. En présence de Dr. Cheikh Omar BA, Ministre Conseiller à la Présidence de la République et de la représentante de l’organe en charge de la promotion des investissements (APIX), le panel a été co-animé par les représentants du Secteur privé, de l’Association des Maires du Sénégal et de l’Association des Chefs de village.

L’objectif du Panel était de contribuer au renforcement de l’écosystème de l’investissement socialement responsable à travers une réflexion inclusive sur le cadre juridique et institutionnel relatif aux investissements à incidence foncière ainsi que sur les bonnes pratiques, les dispositifs et mécanismes expérimentés dans certaines localités :

  • le partage de modèles réussis ou bonnes pratiques locales favorisant des investissements dans un climat de stabilité sociale ;
  • la revue critique du cadre juridique (consolidation ou réforme allant dans le sens de l’amélioration du partenariat entre collectivités territoriales, secteur privé et communautés locales) ;
  • la formulation de recommandations concrètes contribuant à amoindrir les risques de conflit entre investisseurs et communautés locales.

Elle a donné lieu à la présente note de politique, qui s’articule autour de 4 principales recommandations :

  1. Soutenir un partenariat mutuellement avantageux entre Etat, investisseur et Communautés hôtes
  2. Mettre la communauté au cœur de la gouvernance foncière
  3. Repenser le système de compensation
  4. Consolider la cohésion sociale