Forte mobilisation autour du chantier sur la sécurisation du foncier agropastoral

Forte mobilisation autour du chantier sur la sécurisation du foncier agropastoral

le 17/04/2026

La première réunion du comité de suivi du chantier du Comité technique «Foncier & Développement» sur les enjeux de sécurisation du foncier agropastoral s’est tenue le 3 avril 2026. Les échanges ont mobilisé une trentaine de participants issus d’institutions nationales, sous-régionales, d’organisations professionnelles, d’experts et de chercheurs.

Les discussions ont porté sur le cadrage général des travaux qui se situent à l’intersection de plusieurs dimensions analytiques : l’évolution des droits négociés qui s’exercent sur les espaces agropastoraux, les recompositions territoriales en cours dans le Nord des pays du Golfe de Guinée et leurs implications en matière de politiques agricoles, pastorales et foncières. Une attention particulière sera accordée dans ce chantier aux dynamiques d’adaptation des acteurs locaux, des organisations locales et des institutions face aux recomposition en cours. Il s’agit notamment de rendre compte des négociations, compromis et arrangements locaux qui permettent de s’adapter aux évolutions et qui pourraient être davantage soutenus par les politiques publiques.

Les réflexions du chantier seront conduites en deux grandes étapes. Une première phase portera sur la réalisation d’un état des lieux comparatif de cinq territoires sur une base documentaire qui concernera la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin. Cette phase vise à produire une analyse ciblée et comparative des dynamiques observées dans ces territoires. La seconde phase conduira à la réalisation d’études de cas approfondies dans deux territoires, qui donneront lieu à des restitutions et discussions avec les acteurs locaux. Il s’agira aussi d’aborder lors de ces échanges la manière dont les initiatives locales s’inscrivent dans les orientations définies au niveau national et des opportunités qu’elles ouvrent en termes d’opérationnalisation de la déclaration du Forum Nouakchott+10.

Plusieurs questionnements lors de la réunion sont venus enrichir ce cadrage. D’une part, la nécessité d’avoir une bonne caractérisation des territoires dans leurs différentes dimensions socio-politiques, mais aussi biophysiques et économiques. Les échanges ont aussi mis en exergue l’intérêt d’une approche centrée sur les alliances entre acteurs, renvoyant aux formes de coopération, de négociation et de compromis entre groupes sociaux autour de la gestion des ressources et des espaces. Elles constituent un élément clé de cohésion sur les territoires, en particulier dans des contextes où les cadres formels sont insuffisants ou inadaptés.

Les participants ont aussi appelé à bien prendre en compte les transformations en cours dans les systèmes d’élevage, notamment en ce qui concerne la mutation de la propriété du bétail, les évolutions relatives aux transhumances et formes de gardiennage. Elles modifient les relations sociales, les responsabilités et les modes d’organisation du travail, et peuvent influencer les dynamiques de conflits et de coopération entre acteurs.

Pour faire face à l’insécurité et aux fermetures des frontières, de nombreuses innovations territoriales ont été engagées et seraient intéressantes à documenter : suivi des nouvelles pratiques de transhumance, réflexions sur les formes d’organisation collective, démarches de médiation avec les autorités, dispositifs de gouvernance et de planification territoriale. Ces expériences soulignent le rôle central des organisations locales dans la production de connaissances, le dialogue territorial et la renégociation d’arrangements locaux.

Les discussions ont enfin permis de souligner l’importance de travailler avec les terminologies utilisées par les acteurs dans les langues locales pour bien saisir la complexité des pratiques et des arrangements locaux. Il a aussi été proposé d’élargir la revue bibliographie aux travaux qui documentent des réalités locales sans se limiter à la seule littérature académique, tout en veillant à adopter une posture équidistante entre les différents groupes d’acteurs permettant de garantir l’objectivité des analyses.

Les prochaines étapes du chantier seront rythmées par des échanges à distance avec les membres et partenaires du Comité impliqués dans les différents pays concernés par le chantier et ensuite une réunion collective large qui permettra de partager l’état des lieux. Le travail relatif aux deux études de cas approfondies sera quant à lui engagé à compter du mois de septembre.

 

Photo : Cadre d’échanges avec les communautés hôtes de transhumants dans le nord du Togo © Iram